N°17 – Octobre 2002

Sommaire

LA CONNECTOLOGIE : Les différents systèmes
Par Dr J.F. MARICHAL, Néphrologue, Strasbourg
LA CONNECTOLOGIE : Les systèmes pour la manipulation DPCA
Par Dany FRERE, Chef de produit DPA – UV Flash, Laboratoire Baxter
LA CONNECTOLOGIE : Les systèmes pour la manipulation DPCA
Par P. PETIT, Chef de produit DP – Stay Safe, Laboratoire Fresenius
DIALYSE PERITONEALE AUTOMATISEE : Les cycleurs et leurs aspects techniques
Par Dany FRERE, Chef de produit DPA – UV Flash, Laboratoire Baxter
DIALYSE PERITONEALE AUTOMATISEE : Les cycleurs et leurs aspects techniques
Par P. PETIT, Chef de produit DP – Stay Safe, Laboratoire Fresenius
LOGISTIQUE EN DPA : L’avis des professionnels infirmiers
Par Valérie DABROWSKI, Tri HOVAN, Jocelyne MARANZANA, Hôpitaux Civils de Colmar
LOGISTIQUE EN DPA : Le point de vue du technicien
Par Marc JUND, Responsable Technique Aural Strasbourg
LA TELEMEDECINE EN DIALYSE PERITONEALE: Le point de vue des industriels et des utilisateurs
Par Davy FRERE, Responsable DPA – Laboratoire Baxter

 

Président : Hubert Métayer ( Compiègne)
Vice-Président : Emmanuel Carnot (Maubeuge)
Secrétaire : Claude Mendez (Compiègne)
Secrétaire-adjoint : Michel Jakubowski (St Quentin)
Trésorier : Michel Darsonville (Soissons)
Trésoriere-adjointe : Catherine Duronssoy (Compiègne)
Délégué régional : Patrick Crestan (Annonay), Jean-Claude Diez (Hyères), Thierry Villaret (Paris)

 

 

LA CONNECTOLOGIE : Les différents systèmes

Par Dr J.F. MARICHAL, Néphrologue, Strasbourg

 
La dialyse péritonéale continue ambulatoire (DPCA) est une technique simple mais efficace d’épuration extra rénale. Pour le patient. Elle nécessite 4 échanges par jour, tous les jours de la semaine. A chaque renouvellement de poche. La manoeuvre de déconnexion/connexion peut être la source de contamination bactérienne accidentelle. Pendant de nombreuses années, la survenue d’une péritonite d’origine manuportée fut un frein au développement de la méthode. Au cours de cette dernière décennie, de considérables efforts technologiques ont permis de réduire la source de contamination par voie manuportée. Avec les systèmes modernes de connexion, le taux de péritonite est passée de 1 épisode pour 4 mois par patient à 36 mois/patient.

Dès 1975, Nolph utilise la ponction simple dans un flacon de verre. Le taux de péritonite est a ce moment là de 1 épisode pour 6 semaines de traitement. Puis Oreopoulos en 1978 emploie un perforateur ou Spike pour la connexion a une poche plastique. Des 1979, la connexion LUER protégée réduit déjà la survenue des épisodes d’infections péritonéales par Staphylococcus epidermidis. En 1982, SLINGENEYER a 1’idee de mettre en place un filtre bactériologique captant le germe éventuellement introduit par une connexion imparfaite. Cependant, en raison de taille de ce filtre, les patients acceptaient mal le port de la ligne. Enfin en 1983, BUONCRISTIANY et MAIORCA introduisent les systèmes déconnectables qui sont encore utilises de nos jours. Un bond technologique est réalise en 1990 avec l’aide à la manipulation et l’apparition des systèmes de stérilisation intraluminale. Depuis, quelques améliorations ont affine les différents systèmes soit déconnectables ou non déconnectables.

1- Les systèmes non déconnectables

Ce sont les systèmes non déconnectables du patient qui ont permis le développement de la DPCA. D’abord, les systèmes non déconnectables étaient a « mains nues », c’est-à-dire, sans stérilisation intraluminale ni d’aide a la manipulation. II s’agit du perforateur de type Luer systeme Luer * Baxter ou le systeme Safe lock standard * Fresenius. Puis, est apparue 1’aide a la manipulation sans stérilisation intraluminale : les systèmes Trav * Baxter ou PD Mat * Fresenius. Rapidement, la nécessite d’une stérilisation intraluminale, afin de réduire les infections manuportées, s’est fait jour.

a) Les systèmes non déconnectables avec stérilisation intraluminale aux ultra violet.

Dans ce cas, la stérilisation est réalise a 1’aide du rayonnement ultra violet délivré par une lampe à vapeur de mercure (UV Système * Baxter ou UV XT * Baxter). Le rayonnement délivré une dose d’UV qui décontamine la connexion en 2 minutes. Plus récemment, a été mis sur le marche, un système de stérilisation ou le rayonnement UV est délivré par une lampe au xenon. C’est le système UV Flash * Baxter. Dans ce cas, la décontamination est réalisée par rayonnement UV en 15 secondes. Le système UV Flash possède également une aide a la manipulation.

b) Autres types de système non déconnectable avec stérilisation intra luminale

D’autres systèmes ont été conçus pour la stérilisation intra luminale. Le système Thermoclav * Fresenius réalise une stérilisation intra-luminale a la chaleur. Un boîtier thermique au niveau de la connexion délivre une température à 180° qui est bactéricide.
La thermo soudure développée par le système GambroSol * Gambro : cet appareil réalise une soudure automatique a 260° a 1’aide dune lame de cuivre a usage unique entre le prolongateur et la nouvelle poche.

2) Les systèmes déconnectables

L’idée qui a présidé à son développement est celle du rinçage décontaminant de la connexion par du dialysat frais, stérile. Ce lavage intraluminal de la connexion est appelé effet « Flush ». Son efficacité dépend du volume infusé, du débit du dialysat, de la nature du germe responsable de la contamination. Dans un premier temps, les systèmes déconnectables du patient étaient réutilisables (système en « O » * Baxter), dans ce cas la ligne Y réutilisable est refermée sur elle comme un O. Mais la manipulation reste longue et fastidieuse de telle sorte qu’on a développe des systèmes déconnectables non réutilisables. C’est d’abord avec une ligne en « Y » : système Y *

Baxter avec un bouchon antiseptique ou système Safe Lock * Fresenius avec un clamp inviolable. Dans ces systèmes, la poche vide stérile sert au drainage du dialysat usage. La deuxième poche prête a 1’emploi est des lors infusée après la réalisation du « Flush ». Dans le système Double Poche * Baxter, 1’echange nécessite la mise en place d’un bouchon sur le prolongateur de la ligne alors que dans le système Andy Plus * Fresenius, la ligne est simplement cassée après la mise en place d’un champ inviolable.

Depuis peu de temps, est mis sur le marche un robinet a trois voies qui facilite la connexion et réduit les chances de contamination par effet Flush (système Stay Safe * Fresenius).

La prescription des systèmes, dont l’efficacité bactériologiques est identique, découle des avantages de chacun des systèmes. Le système non déconnectable avec aide a la manipulation et stérilisation intraluminale oblige le port permanent de la poche vide, mais est rapide d’utilisation, même par une tierce personne. Il est propose aux patients dépendants âgés. En revanche, le système déconnectable plus esthétique pour le patient totalement autonome, nécessite une manipulation plus longue (30 a 40 mn) et d’un coût plus élevé (50 % plus cher). I1 est propose aux patients jeunes en attente de transplantation rénale.

 

 

LA CONNECTOLOGIE : Les systèmes pour la manipulation DPCA

Par Dany FRERE, Chef de produit DPA – UV Flash, Laboratoire Baxter

 

Présentation du système UV Compact utilisé en DPCA

La DPCA nécessite de faire plusieurs connexions-déconnexions de poches par jour. Chaque ouverture du circuit représente un risque de contamination pouvant aboutir à une infection péritonéale. D’autre part, la population en DPCA est souvent une population de patients assez âgée (moyenne d’âge 70 ans, source RDPLF) et une majorité d’entre eux (56 %, source RDPLF) ont une autonomie limitée .

Le système UV Compact est utilisé pour effectuer la manipulation de façon totalement automatique: une connexion sûre en un seul geste. De plus, le système a une action décontaminante grâce à l’émission de rayons UVC.

Près de 1000 patients utilisent aujourd’hui les systèmes UV Flash en France Le système UV Compact est la dernière génération de système UV Flash.

Un système facile d’utilisation : une connexion sûre en un seul geste !

La connexion-déconnexion est entièrement automatique et ne dure que 15 secondes. L’ensemble des éléments des systèmes UV Flash (batterie, transformateur, boîtier) est combiné dans un système compact (3kg) qui se transporte facilement avec sa sacoche en bandoulière.

L’entretien est facile : les miroirs sont détachables. L’appareil indique les 50 dernières alarmes et a un compteur du nombre d’échanges effectués. Le système n’a pas besoin de prise de terre.

Un système sûr :

La connexion est automatique et protégée et il n’y a pas de contact possible avec les lampes.
Après un test automatique de sécurité , le système émet une alarme spécifique (lumineuse, sonore et codée) pour tout défaut d’installation.

Le seul système qui décontamine :

Les rayons U.V. Flash inactivent les micro-organismes en altérant l’A.D.N. qui les compose. Grâce à l’action de décontamination, les bactéries ne peuvent plus se reproduire . Les lampes s’éteignent seulement lorsque la dose appropriée d’U.V. a été délivrée. Le système UV-Flash Compact permet d’éliminer en 15 secondes les germes les plus résistants : par exemple, le rayonnement UV élimine une population de Staph. epidermidis 1000 fois supérieure à la population cutanée habituellement transmise lors d’une contamination manuportée.

 

 

LA CONNECTOLOGIE : Les systèmes pour la manipulation DPCA

Par P. PETIT, Chef de produit DP – Stay Safe, Laboratoire Fresenius

 
La double poche STAYSAFE, fabriquée à partir d’un nouveau matériau de haute technologie plus biocompatible appelé BIOFINE, permet au patient d’une part, d’être guidé lors de chaque échangegrâce à un disque de manipulation et d’autre part de se connecter en toute sécurité grâce à la technologie de l’obturateur.

Ce système, simple d’utilisation, permet désormais au Néphrologue d’orienter tous types de patients (autonomes, autonomes partiels et non autonomes) sur Double Poche.

Une étude Multicentrique Nationale Française portant sur 116 patient référencés dans 29 centres avec une période se suivi de 1 156 mois à démontré que la double poche STAYSAFE permet désormais de réduire de façon drastique, le nombre d’infections péritonéales à contamination manuportée.

Résultat de l’enquête 1 IP : 39,6/MP.

 

 

DIALYSE PERITONEALE AUTOMATISEE : Les cycleurs et leurs aspects techniques

Par Dany FRERE, Chef de produit DPA – UV Flash, Laboratoire Baxter

 
Présentation du système HomeChoicePRO, cycleur de DPA

La Dialyse Péritonéale Automatisée est une méthode de traitement de l’insuffisance rénale Chronique qui se fait à domicile, pendant le sommeil du patient. Le HomeChoice PRO est la dernière innovation de Baxter en DPA.

Près de 20 000 patients (enfants et adultes, patients autonomes ou assistés) utilisent ce système pour sa fiabilité (une panne tous les 20 mois-machine), sa portabilité (il ne fait que treize kilos et est équipé d’une valise à roulettes pour le transport), sa facilité et son confort d’utilisation.

Le système HomeChoice utilise un système pneumatique pour déplacer les fluides et mesurer précisément les volumes déplacés. Il utilise la loi des gaz parfaits pour mesurer le volume déplacé.

La maintenance du cycleur est assistée par ordinteur pour le diagnostic et l’étalonnage.

Le système HomeChoice PRO, muni de la Carte PRO et associés au logiciel PD Link offrent de nouvelles possibilités :

– plus besoin de déplacer le cycleur pour le reprogrammer : la Carte PRO contient la prescription et les réglages. En cas d’échange de machine à domicile, le service technique n’a plus besoin de reprogrammer le système (gain de temps).

– les informations de fin de traitement s’enregistrent automatiquement sur la Carte PRO qui peut contenir jusqu’à 60 séances : la patient n’a plus à les recopier manuellement, les données sont fiables et exhaustives (inclut la tension et le poids)

– le suivi du traitement en DPA par l’équipe soignante est amélioré : visualisation des séances au jour le jour ou de façon synthétique, possibilité d’imprimer des rapports

– l’observance est mesurée de façon objective : on peut voir si le patient a modifié sa programmation, raccourci la durée du traitement ou « sauté » des séances.

– meilleure identification des problèmes : l’origine et la fréquence des alarmes aident à cerner plus rapidement les problèmes et à les corriger

– le système crée une base de données ,exploitable pour des études médicales ou infirmières, et permet, dans le cadre de l’accréditation, une traçabilité des prescriptions, des numéros de série d’appareil affectés aux patients.

 

 

DIALYSE PERITONEALE AUTOMATISEE : Les cycleurs et leurs aspects techniques

Par P. PETIT, Chef de produit DP – Stay Safe, Laboratoire Fresenius

 
 » Les cycleurs et leur aspect technique : Le SLEEPSAFE « 

Le SLEESAFE est un cycleur de nouvelle génération bénéfiant des dernières avancées technologiques.

En effet, FRESENIUS MEDICAL CARE introduit une nouvelle approche en matière de DPA grâce notamment :

  • aux consommables (sets, lignes, poches, bouchons) fabriqués exclusivement à partir du nouveau matériau biocompatible sans PVC appelé BIOFINE.
  • à la carte patient ( Type PCMCIA)
  • au débit d’injection variable,
  • au débit de drainage variable,
  • aux profils de glucose (cycle par cycle)
  • à la reconnaissance des poches de solutions par lecture codes barres,
  • à la connexion automatique,
  • à l’utilisation de la technologie de l’obturateur avant la deconnexion,
  • à l’écran tactile couleur (Iconographie logique),
  • au réchauffage On Line,
  • au logiciel P-O-L.

De plus, grâce à son système fydraulique, le contrôle des fluides est précis et silencieux ce qui apporte un plus grand confort au patient, durant son sommeil.

 

 

LOGISTIQUE EN DPA : L’avis des professionnels infirmiers

Par Valérie DABROWSKI, Tri HOVAN, Jocelyne MARANZANA, Hôpitaux Civils de Colmar

 
L’unité de dialyse péritonéale de Colmar a été créée en 1978 afin de développer la DP, nouvelle méthode de traitement de l’insuffisance rénale chronique.

L’’équipe actuelle assure le suivi ambulatoire d’environ 65 patients soit 40%de la population des dialysés pris en charge par Colmar. Sur ces 65 patients nous avons actuellement :

  • une proportion égale d’hommes et de femmes avec un âge moyen de 68,5 ans
  • 50% de patients autonomes, c’est-à-dire qui prennent en charge eux-mêmes leur dialyse, et 50% de patients non autonomes, c’est-à-dire qui font appel à une tierce personne à savoir, 1 IDE libéral ou 1 membre de la famille
  • 1/3 de patients en Dialyse péritonéale automatisée (ce chiffre est en constante augmentation depuis 1995).

I ) L’INFORMATION PRE-DIALYSE :

A la demande du médecin néphrologue, les patients insuffisants rénaux chroniques au stade terminal, rencontrent un infirmier du service de dialyse péritonéale pour une information pré-dialyse. Cette information a lieu soit sur RV, à distance d’une consultation chez le néphrologue, soit pendant une hospitalisation en néphrologie dans le cas ou les patients sont pris en charge tardivement. C’est une information individuelle donnée au patient et/ou à ses proches et qui a pour but de donner des renseignements sur les méthodes de suppléance de la fonction rénale que sont l’hémodialyse et la dialyse péritonéale. Les explications sont données de la façon la plus objective possible Pour ce faire, nous utilisons des posters, des plaquettes explicatives, des K7 vidéo et nous présentons divers matériels tels que le cathéter, les poches de dialysat, un cycleur.Cette façon de procéder permet d’une part, de dédramatiser les différents traitements de dialyse, et d’autre part, de mieux les comprendre en visualisant.

En ce qui concerne la dialyse péritonéale, il est important de bien expliquer la différence entre la dialyse péritonéale continue ambulatoire, traitement de jour consistant en 4 échanges manuels de 20 minutes répartis sur le nycthémère, et la dialyse péritonéale automatisée, traitement de nuit à l’aide d’un appareil électrique, le cycleur, qui permet la distribution automatique du dialysat sous forme de cycles (drainage – infusion -stase) pendant le sommeil du patient.

Toutes ces informations doivent permettre au patient de choisir la méthode la mieux adaptée à son mode de vie.

Par ailleurs, si le choix du patient s’oriente vers la Dialyse Péritonéale Automatisée, le recueil de données sera plus pointu car l’utilisation d’un cycleur doit tenir compte de certains critères techniques telles que :

  • une installation électrique aux normes et avec une prise de terre dans la chambre à coucher car si le cycleur n’est pas correctement branché à la prise de terre, il peut y avoir des perturbations électriques qui entraîneraient des interférences dans le fonctionnement du processeur ;
  • la hauteur du lit ne doit pas dépasser de plus de 30 cm par rapport à la poche de récupération des cycleurs fonctionnant par gravité ou par rapport au cycleur lui-même par exemple le home choice, afin d’éviter des problèmes de drainage ;
  • la présence d’un téléphone dans la chambre à coucher pour permettre au patient d’être face à sa machine en cas d’alarme nocturne nécessitant les conseils d’un infirmier du centre pour y répondre ;
  • les possibilités de stockage du matériel car la quantité de matériel est plus importante en DPA qu’en DPCA.

Dans certains cas, une visite de pré-dialyse est effectuée au domicile du patient , à sa demande, à celle de sa famille, de l’infirmière libérale ou du médecin traitant. Elle permet de vérifier ces différents points et de faire un état des lieux.

I ) La pose du cathéter :

Le patient est hospitalisé la veille de l’intervention et sort 24 à 48 heures après.

C’est durant ce laps de temps que l’IDE de DP complète le recueil de données qui est un document clé pour la connaissance et le suivi du patient.

Par ailleurs, le jour de la pose du cathéter nous faxons un formulaire à l’AURAL (association pour l’utilisation du rein artificiel en Alsace) pour demander la mise à disposition d’un cycleur pour le patient. Il est important de bien préciser la date de début de la dialyse qui ne se fera en général qu’une quinzaine de jours après la pose du cathéter dans le but d’éviter les fuites de dialysat par l’émergence du cathéter ou dans les tissus sous-cutanés, d’assurer ainsi une bonne cicatrisation et de prévenir de futures infections.Au formulaire de mise à disposition du cycleur est joint une ordonnance détaillant le programme des poches et le matériel nécessaire à la DPA.L’AURAL nous informe ensuite de la date de livraison du matériel au domicile du patient qui se fait en général pendant son hospitalisation pour mise en route de la dialyse.Il est à noter qu ‘en Alsace, l’association livre tout le matériel à savoir les poches de dialysat, le petit matériel telles les compresses stériles, les boitiers d’aide à la manipulation, les potences, la plaque chauffante, le pèse-personne, la minuterie, le tensiomètre, bref, tout ce dont le patient à besoin pour faire sa dialyse et assurer sa surveillance quotidienne.

C’est également pendant cette hospitalisation que l’AURAL informe la société de ramassage des déchets médicaux, de la date présumée du retour à domicile du patient ce qui permet ensuite à la société de planifier l’enlèvement des déchets (poches vides) à domicile .Cette intervention est réalisée 2 fois par mois à un moment précis.

II ) La mise en route de la dialyse :

Pour le patient autonome , nous débutons toujours par une période de 1 à 2 mois de dialyse péritonéale continue ambulatoire avant de démarrer la Dialyse péritonéale automatisée proprement dite et ce pour les raisons suivantes :

1°) par sécurité , car en cas de panne du cycleur, le patient pourra toujours
se dialyser

2°) pour plus de confort car si le patient part en déplacement ou en vacances pour une courte durée il évite ainsi d’avoir à se déplacer avec le cycleur et d’emmener beaucoup de matériel encombrant

3°) pour simplifier l’approche ultérieure de la dialyse péritonéale automatisée car un certain nombre de gestes sont communs aux 2 techniques

4°) lors d’un appel en vue d’une transplantation rénale le patient peut être amené à faire manuellement 1 ou 2 poches de dialyse avant l’intervention.

Pour le patient non autonome la mise en dialyse péritonéale automatisée est immédiate mais nous avons pris soins au préalable de former une infirmière libérale pour le montage, le branchement et le débranchement du patient au cycleur.

Le patient de son côté apprend à reconnaître et à répondre aux alarmes les plus courantes. Ce sont par exemple les alarmes de drainage, les alarmes d’infusion ou les alarmes « d’erreur système » avec les codes.Par ailleurs, pour lui permettre de vaquer à ses occupations en fin de traitement et de ne pas avoir à attendre la venue de l’infirmier libéral pour le débranchement, ou de pouvoir faire face à une situation d’urgence, nous lui apprenons également à mettre un clamp inviolable sur la ligne ,le miraclamp pour le laboratoire Baxter, le clamp Andy pour le laboratoire Fresenius.

III ) La formation à la DPA :

Quelques jours avant la mise en dialyse, L’AURAL nous livre le cycleur du patient ce qui nous permet de le former sur son propre cycleur.

Les 3 premières séances de DPA s’effectuent en général en hospitalisation de jour, que le patient soit autonome ou non, et ce dans le but :

1°) d’évaluer la qualité de la séance

2°) d’évaluer le nombre et le type d’alarmes

3°) d’apprendre au patient les conduites à tenir en cas d’alarme ou d’incident

4°) d’évaluer les réactions du patient aux alarmes

5°) d’apprendre au patient autonome à utiliser l’opticap en cas de nécessité

C’est pendant ces séances de jour que nous lui apprenons à bien répertorier les alarmes et à appeler le centre où un infirmier est joignable 24h / 24 s’il n’arrive pas à les gérer seul. L’infirmier qui reçoit l’appel doit rapidement savoir donner des réponses claires et précises et être rassurant.

Après les séances de jour qui se passent en général dans le service de dialyse péritonéale, le patient est hospitalisé dans le service de néphrologie pour 1 à 2 séances nocturnes, parfois plus pour les patients diabétiques, avant le retour à domicile.

IV ) L’installation à domicile :

La date de sortie est définie par le médecin.

Le jour de la sortie, un infirmier du service de dialyse péritonéale se déplace au domicile du patient pour :

  • lui amener son cycleur
  • vérifier si le matériel livré est en adéquation avec le matériel commandé. Ceci concerne aussi bien le nombre et la concentration des poches de dialyse que le petit matériel tel que les packs pansement, les solutions antiseptiques etc…
  • installer le cycleur dans la chambre à coucher
  • ranger le matériel avec le patient

Ceci étant fait, l’heure du branchement arrive. A ce moment, le patient autonome va préparer son matériel pour la séance, procéder au montage du cycleur et se connecter. Tout ceci se fait sous l’œil attentif de l’infirmier.

Pour le patient non autonome, l’installation proprement dite est la même. La seule différence est la présence de l’infirmier libéral qui va monter le cycleur et brancher le patient.

V ) Le suivi des patients :

Les patients sont suivis en consultation 1 fois par mois ou au rythme nécessité par leur état clinique Si à ce moment-là un changement de traitement ou de méthode, passage de DPCA en DPA par exemple, est nécessaire, nous envoyons une nouvelle ordonnance par Fax à l’AURAl pour permettre l’adaptation de la prochaine livraison.

Si le changement de traitement doit prendre effet immédiatement, le service de DP prête le nombre de poches de dialysat nécessaires au patient jusqu’à la livraison suivante. Ce prêt est répertorié sur un listing et envoyé chaque fin de mois à l’AURAL qui nous rend ensuite les poches dans les mois qui suivent.

VI ) La gestion du cycleur :

Le nom du patient ainsi que le numéro de série du cycleur prêté sont répertoriés dans un classeur intitulé « Maintenance machine » dans lequel se trouve également le listing des alarmes « Erreur système » ainsi que les conduites à tenir face à de telles alarmes.

Lorsque le patient n’a pu correctement expliquer la panne au téléphone ou en cas de panne n’ayant pu être résolue par l’infirmier, nous lui demandons d’interrompre sa séance et de ramener son cycleur avec sa carte à puce au service de dialyse péritonéale le lendemain matin. A ce moment, l’infirmier va lire le message d’alarme et dans la mesure du possible, va essayer de le résoudre. S’il n’y parvient pas et que la panne nécessite une vérification plus poussée du cycleur, le patient reçoit un cycleur de rechange généralement prêté par le service.

Dans ce cas, et pour un bon suivi des cycleurs, nous notons les renseignements suivants dans le classeur « Maintenance machines » :

  • la date de réception et le numéro de série du cycleur en panne
  • le nom du patient
  • le numéro de série de l’appareil de prêt
  • le motif de l’échange que sont par exemple certaines erreurs système, les erreurs balance ou clamp.

Dans un second temps nous informons l’AURAL de la panne. Celle-ci va diligenter un transporteur qui viendra récupérer l’appareil pour son retour au laboratoire d’origine si le dépannage s’avère difficile.

VII ) L’organisation des vacances.

La dialyse péritonéale permet de se déplacer librement en sachant que le patient peut emporter son cycleur, quelques poches et le petit matériel dans sa voiture personnelle ou se faire livrer sur son lieu de vacances.

Avant son départ, il contacte l’AURAL qui lui livre le nombre de poches nécessaires pour la durée de son séjour à l’adresse de son lieu de vacances. Quant à nous, nous lui donnons l’adresse du centre de DP ou du service de néphrologie le plus proche ainsi qu’une lettre du médecin de DP pour son collègue en cas de besoin.

Pour les vacances à l’étranger, l’AURAl contacte le laboratoire qui intervient alors pour la livraison des poches, des lignes et des bouchons par exemple. Le patient est également invité à récupérer un formulaire E111 à la sécurité sociale pour la prise en charge de certains soins et examens en cas de problème.

Conclusion :

En tant qu’infirmiers, notre rôle est d’abord de former le patient ou l’IDE libéral à la Dialyse péritonéale automatisée puis de leur garantir une aide et un soutien permanents et efficaces en cas de problème durant le jour ou la nuit.

L’équipe de dialyse péritonéale est également un relais incontournable entre l’association, le patient et l’IDE libéral car elle permet, entre autre, d’éviter les dépannages et retours intempestifs des cycleurs à l’usine en cas d’incident ce qui va permettre au patient de poursuivre son traitement.

 

 

LOGISTIQUE EN DPA : Le point de vue du technicien

Par Marc JUND, Responsable Technique Aural Strasbourg

 

INDRODUCTION :

L’ASSOCIATION AURAL,association pour l’utilisation du rein artificiel en ALSACE,créé en 1972, assure le suivi logistique de 500 patients, dont 190 en dialyse péritonéale ;
Sur le plan technique,cela représente un suivi de :
47 appareils pour le traitement des patients en dpa.(home choice , pd-night), et 170 appareils pour le traitement des patients en dpca. ( uv flash,soudeuse, aide à la manip).

ORGANISATION DE LA STRUCTURE :

RESSENCEMENT DES EQUIPEMENTS :

La nécessité d’établir des protocoles d’interventions sur tous matériels médicaux, et en vue de l’accréditation, il a fallu d’abord procéder à l’inventaire de tous les appareils dont nous disposions.
Cet inventaire fut réalisé grâce au service logistique de l’association : Le livreur lors d’une livraison d’un patient à domicile a relevé le numéro de série, son état général (neuf, miroir transparent, appareil sale etc…) et les heures de fonctionnement.
Il a fallu ensuite rechercher la trace de l’appareil dans la comptabilité de l’association, pour établir la fiche d’identité de l’appareil.
A présent nous disposons d’un fichier, indiquant la date d’achat, le lieu d’installation, la valeur comptable de l’appareil, les différentes interventions soit préventives soit curatives, les pièces changées et le nom du technicien ayant fait ces interventions.
L’association s’est dotée en plus d’un logiciel de gestion des maintenances assistée par ordinateur pour faciliter la tracabilité de ses interventions.

PARC MACHINES DE L’ASSOCIATION :

Si l’on observe la file active des entrées et sorties des patients traités par la dialyse péritonéale , on s’apercoit que 1/3 des patients quittent la technique au cours d’une année. ( greffe , repli définitif, décès . ), Le nombre de patients ainsi traités est très fluctuant. Pour ne pas immobiliser des appareils, et pour une plus grande flexililité, l’association dispose d’un parc machines dont elle est propriétaire et un parc machines en location.

INSTALLATION A DOMICILE:

Lorsque l’installation à domicile d’un patient est demandée par le service de dialyse d’un centre hospitalier, nous vérifions la conformité de l’installation électrique. Dans beaucoup de cas, celle –ci n’est pas conforme.(absence de mise à la terre, absence de différentiel 30ma etc …)
Nous sommes donc obligés de faire intervenir des corps de métier externes à l’association pour palier ce manque, ce qui peut retarder le retour à domicile du patient. Ces frais sont à la charge de l’association.

DECONTAMINATION DES APPAREILS :

Lors du retour d’un appareil vers le service technique, un protocole de décontamination est appliqué. L’appareil est d’abord aspergé avec un produit désinfectant puis nettoyé. Une deuxième aspersion est pratiquée, puis l’appareil est stocké en l’état pendant 6 heures.
Ce n’est qu’après ce temps d’immobilisation que l’appareil sera vérifié et dépanné.

INTERVENTIONS CURATIVES ET PREVENTIVES DES APPAREILS :

EN DPCA :
Lorsqu’un appareil présente des signes de dysfonctionnement, le patient prévient son centre de référence ou directement le service technique de l’association.
Si aucune erreur de manipulation n’est détectée, le protocole suivant est mis en place :

  • Le patient peut continuer à faire sa thérapie : L’intervention ne présente donc pas de degré d’urgence, l’échange de l’appareil se fera par les livreurs de l’association lors de la livraison mensuelle.
  • Le patient ne peut pas continuer sa thérapie : Chaque centre hospitalier dispose d’un petit stock d’appareils mis à sa disposition par l’association ( UV, réchauffeur, etc … ).
    Le patient, s’il est capable de se déplacer, vient échanger son appareil dans son centre de référence.
    Par coursier indépendant, (type livraison rapide etc… ) si le patient ne peut pas se déplacer.

Ce protocole a été élaboré afin d’éviter de perturber le planning des révisions préventives de tous les appareils de l’association.
Aucune intervention ne se fait donc au domicile et en présence du patient. Il est vrai que ce dernier ne comprend pas toujours que nous lui échangions son appareil au lieu de le dépanner.
Les interventions préventives sont effectuées lors des retours des appareils suite à l’arrêt de la thérapie par le patient.(greffe , repli définitif, décès . )

EN DPA :
Lorsqu’un dysfonctionnement se produit sur un système dpa, le patient peut, après consultation du médecin, changer de technique et utiliser le système double poche, pour une ou deux thérapies. L’appareil sera échangé directement au domicile du patient, par le service logistique du constructeur. L’appareil sera reprogrammé par une carte à puce ou manuellement par le patient.
Les interventions préventives sont prises en charge par le constructeur.
Celles ci sont faites lorsque le générateur n’est pas utilisé, par exemple suite à l’arrêt de la thérapie par le patient.

CONCLUSION :

Comme dans tous les domaines et en particulier dans les services bio-médicaux, il n’y a pas de démarche qualité sans motivation de l’équipe pluridisciplinaire (infirmière,technicien, livreur, )
Il faut essayer de mettre en place, jour après jour, un besoin de bien faire au service du malade, d’améliorer nos conditions de travail pour garantir l’avenir de nos services et ainsi répondre au grand projet en cours : l’accréditation.

 

 

LA TELEMEDECINE EN DIALYSE PERITONEALE: Le point de vue des industriels et des utilisateurs

Par Davy FRERE, Responsable DPA – Laboratoire Baxter

 
Le vieillissement de la population, l’augmentation de la demande de soins dans un contexte de surcharge des hôpitaux et de pression sur les coûts de santé rendent inévitable le développement de l’hospitalisation à domicile, plus particulièrement des patients atteints d’affection chronique, comme les patients insuffisants rénaux.

Dans un contexte de pénurie de néphrologues, mais aussi de généralistes dans les campagnes, la télé-médecine, rendue possible par les nouvelles technologies de communications, pourrait permettre de favoriser l’accès aux soins, d’améliorer la sécurité, la continuité et la cohérence de la prise en charge ainsi que la qualité de vie des malades, tout en diminuant les coûts si le maintien à domicile est assorti d’une diminution des journées d’hospitalisation.

La télé-médecine regroupe plusieurs applications :

· La télé-surveillance

C’est le monitoring des paramètres de suivi du patient : données issues du cycleur (paramètres du traitement, UF) , signes vitaux (poids, pression artérielle, température).Le transfert des données se fait par modem, par portable, par Internet, sont stockées dans un système d’information (avec ou non un système expert) et accessibles par le centre de soins. Le système HC PRO permet ce type de télésurveillance.
A l’avenir on peut imaginer un boîtier commun qui récupère les paramètres de tous les dispositifs et appareillages (cycleur, plus tensiomètre, plus balance, plus thermomètre) ainsi que pourquoi pas, des informations sur l’état clinique, l’état des stocks, et les envoie automatiquement sans intervention du patient dans le SI du centre de soins.

· La télé-consultation

Un système de visioconférence permet de créer une liaison patient-soignant. Le domicile du patient doit être relié à une ligne à haut débit pour une bonne qualité d’image et de sons.
Le patient pourrait également prendre des clichés de son émergence et les images seront stockées pour en visualiser l’évolution.
On peut imaginer qu’à la suite de cette visiophonie, le médecin puisse prendre une décision médicale : changement de prescription, changement en ligne des paramètres de la machine, envoi électronique d’une ordonnance.
Pour l’instant, la réglementation en vigueur ne favorise pas son développement puisque l’art. 53 du code de déontologie médicale empêche la rémunération d’actes effectués à distance (sans examen clinique) . Mais techniquement parlant, les capteurs à distance sont déjà nés (expérimentation lors de suivi à distance de grossesse)

· La télé-expertise

Il s’agit d’un transfert d’expertise de soignant à soignant. Sous la forme d’appel téléphonique , de transfert d’imagerie, de visioconférence mais aussi d’assistance au geste opératoire en chirurgie. Exemple : patient opéré d’une ablation de la vésicule biliaire en 45 mn à Strasbourg par un chirurgien assisté spécialiste basé à New-York.

· La télé-formation ou e-learning

Internet est un support de formation très attractif car peu onéreux, accessible partout et 24h/24. Internet permet de participer à des congrès sans même se déplacer (imaginez vous participer à ce congrès en restant devant votre PC) ou de suivre des modules de formation spécialisés. Baxter en association avec l’ISPD a sponsorisé la création de plusieurs modules de formation scientifique en ligne concernant la dialyse écrits par des experts reconnus mondialement: www.e-dialysis.org s’adressant aux médecins, diététiciens, …( traitement de l’anémie, management de l’UF)

· Le dossier médical partagé :

Il s’agit de centraliser les informations concernant un patient sur le même dossier médical , toutes spécialités confondues, et le même dossier de soins quelque soit le prestataire des soins, hospitalier ou médecine de ville, voire même laboratoire d’analyse, etc…
Le dossier médical partagé est sans doute le plus grand enjeu de demain : il permetra d’améliorer la prise en charge (réseaux de soins), la continuité des soins, d’améliorer la connaissance du corps médical (enseignement, recherche épidémiologique), de fournir une traçabilité pour le patient (consumérisme et judiciarisme).

· La télémaintenance (puisque nous sommes dans un congrès de techniciens)

Elle peut prendre différents aspects :
– le télédiagnostic d’un appareil (récupérer les messages d’alarme, l’historique de la machine)
– la télémaintenance : la réparation à distance (sauf les parties mécaniques) : exemple de Siemens en imagerie médicale, ou le téléchargement de version de logiciel

Conclusion :

Le développement de la télé-médecine est inéluctable. La télé-médecine reste de la médecine avant tout mais l’outil technologique sera mis au service de l’organisation des soins

 

 
p style= »text-align: right; »>Journal de l’Association des Techniciens de Dialyse
Copyright ATD Infos – N°17 – Octobre 2002

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