N°33 – Mars 2008

Sommaire

Planifier les règles d’hygiène et sécurité pour un nouveau service.

La réflexion du service
Par A.Dietrich, Directeur. ARPDD. Reims
Les exigences de la pharmacienne
Par Laëtitia. Froissard, Pharmacienne.ARPDD.Reims
Les nécessités du technicien
Par J.P.Massin, Technicien .ARPDD.Reims
Le respect des règles d’hygiène
Par D.Oudin, Infirmier hygiéniste.ARPDD.Reims
Architecture,Hygiène,Dialyse:L’approche d’un groupe de santé
Par B.Thuillet.Directeur de projets, Laboratoire Fresenius medical care France
L’aspergillose
Par Docteur Odile Bajolet, Praticien Hospitalier.CHU Reims
Procédure et sécurité à respecter pour éviter l’aspergillose
Par Corinne Mayer, Infirmière hygiéniste.HP Compiègne

 

Président : Hubert Métayer ( Compiègne)
Vice-Président : Emmanuel Carnot (Maubeuge)
Secrétaire : Jean-Claude Diez (Lastic)
Secrétaire-adjoint :Jean Pierre Garcia(Lyon)
Trésorier : Thierry Villaret (Paris)
Trésorier-adjoint : Davy Gabignon(Paris)
Délégué régionaux : Jean-Claude Diez (Lastic), Thierry Villaret (Paris), Pascales Brasset (Compiègne)

 

 

La réflexion du service

Par A.Dietrich, Directeur. ARPDD. Reims

 
Il s’agit, au travers des dernières réalisations de l’ARPDD, (extension et rénovation des locaux de l’unité de dialyse médicalisée de Reims et création d’une unité d’autodialyse à Romilly sur Seine) de vous restituer l’expérience acquise à l’occasion de la conduite de ces 2 projets. Tout d’abord, l’élaboration du cahier des charges, fruit d’un travail d’Equipe et d’une très large concertation avec le personnel concerné (médecins, pharmaciens, techniciens, infirmier hygiéniste, personnel soignant).
Les thèmes abordés à l’occasion de la définition de ce cahier des charges portent principalement sur :

  • La réglementation régissant l’activité de dialyseLes conditions d’accueil et de confort des patients, Les conditions de travail des salariés, Le respect des conditions liées à la sécurité
  • La configuration des installations techniques

Ensuite, seront évoquées les options retenues aussi bien dans le choix des équipements et matériaux que dans la configuration des locaux.

 

 

Les exigences de la pharmacienne

Par Laëtitia. Froissard, Pharmacienne.ARPDD.Reims

 
La réalisation d’une nouvelle unité de dialyse nécessite une bonne coordination des différentes équipes. L’ARPDD a une expérience intéressante dans ce domaine, c’est le sujet de cette communication.

Pour chacun des projets qui a été mené par notre association, les pharmaciens ont été fortement impliqués dans les décisions. Notre avis a été requis sur le projet en général mais plus particulièrement pour les domaines relevant de notre responsabilité :

Le choix et l’installation du traitement d’eau

C’est un élément capital dans la réalisation d’une nouvelle unité d’hémodialyse.
La préparation du cahier des charges, le choix du fournisseur, l’agencement et l’emplacement du local, l’installation et la validation du traitement d’eau… sont autant d’étapes qui nécessitent une attention particulière de la part des pharmaciens, avec les techniciens, pour rendre l’installation la plus sûre et la plus efficace possible.

Le stockage des médicaments et des dispositifs médicaux

La séance de dialyse demande un volume important de dispositifs médicaux, leur manutention est une difficulté quotidienne pour les soignants. La réflexion concernant le stockage pharmacie est donc essentielle : les accès, la surface, les aménagements doivent être choisis avec soin.
La sécurité du branchement électrique pour les réfrigérateurs à EPO est également un point à ne pas négliger.

Le choix et l’installation d’un système de distribution des gaz médicaux

Nous avons fait le choix d’une distribution centralisée de l’oxygène médical et du vide pour équiper les unités de dialyse médicalisée. L’installation d’un tel dispositif demande une étude précise du dimensionnement de la centrale et de son implantation.
Les pharmaciens en concertation avec les techniciens ont un rôle important à jouer dans la réalisation d’une nouvelle unité de dialyse. Leurs compétences se complètent et sont fondamentales dans la conception d’un tel projet.
Chacun des domaines développés ci-dessus requiert une réflexion et un suivi précis, en gardant toujours pour objectif de créer des unités sûres et fonctionnelles, dans l’intérêt des patients et du personnel.

C’est le fruit de notre expérience que nous avons le plaisir de présenter à l’occasion de cette session de formation de l’ATD.

 

 

Les nécessités du technicien

Par J.P.Massin, Technicien .ARPDD.Reims

 

 

 

Le respect des règles d’hygiène

Par D.Oudin, Infirmier hygiéniste.ARPDD.Reims

 
L’hygiène en hémodialyse doit être une préoccupation de chaque instant, de la construction d’une nouvelle unité jusqu’à son ouverture.

Une concertation avec le CLIN doit être menée, en respectant les textes et les décrets. Le CLIN préconisera les mesures nécessaires à la prévention des infections liées aux soins à court, moyen et long terme.

Nous devrons prêter une attention particulière aux distances entre chaque fauteuil de dialyse, à l’aménagement des locaux propres à la dialyse et à ses annexes.

Le revêtement du sol devra résister aux liquides corrosifs (nettoyants, désinfectants, acides, …) et privilégier au maximum les produits à pH neutres.

Le circuit propre-sale est fondamental concernant le matériel de dialyse stérile jusqu’aux déchets d’activités de soins à risques infectieux.

Nous devons toujours avoir à l’esprit le risque infectieux manuporté. Pour cela des points de lavage des mains doivent être en nombre suffisant et aussi étudiés en fonction des déplacements du personnel soignant et technique.

L’automatisation des portes et robinets, limite les manipulations, sources potentielles de contamination.

Pour réussir une bonne conception des locaux, des réunions de chantier (Direction, Entreprises, Techniciens, Pharmaciens, Hygiénistes, …) doivent avoir lieu régulièrement afin de prévoir e régler les problèmes liés aux travaux.

 

 

Architecture,Hygiène,Dialyse:L’approche d’un groupe de santé

Par B.Thuillet.Directeur de projets, Laboratoire Fresenius medical care France

Avec un recul de plus de 10 ans et près de 1.500 patients traités dans 33 unités de dialyse certifiées ou en cours de certification ISO 9000, NephroCare France (Groupe Fresenius Medical Care) a acquis une expérience certaine dans la gestion d’unités de dialyse.

A ce titre notre groupe s’engage en permanence à concevoir et réaliser des espaces de traitement qui vont garantir:

  • Le confort et la préservation de l’intimité de nos patients.
  • Une prise en charge adaptée à des patients chroniques et traités en modalité ambulatoire.
  • Une organisation optimale du travail des infirmières avec une cohérence des circuits et tous les moyens permettant le strict respect des recommandations relatives à l’hygiène.

Outre les contraintes générales de conception propres à tout bâtiment (urbanisme, conception architecturale, sécurité des personnes, respect de l’environnement) se rajoutent pour l’activité de dialyse des contraintes techniques spécifiques liées à cette activité (circuit d’alimentation en eau osmosée, installation d’équipements biomédicaux,…..) ainsi que des contraintes de conception imposées par les exigences d’hygiène et par les exigences d’entretien très répété des locaux.

Devant cette complexité nous concevons depuis plusieurs années chaque projet d’unité de dialyse avec le consensus d’un comité de pilotage, lequel est constitué :

  • d’un Chef de projet
  • du Responsable des soins de l’unité
  • d’un Médecin de l’unité
  • du Pharmacien
  • de l’Hygiéniste
  • d’un représentant du CLIN
  • du Qualiticien
  • du Personnel technique et biomédical
  • d’un Contrôleur de gestion

En nous appuyant sur l’expertise et la compétence de tous ces acteurs nous pourrons mettre à la disposition de nos patients et de nos personnels des unités à la fois fonctionnelles, sûres et confortables.

La prise en charge de la problématique Hygiène est intégrée par ce comité de pilotage. Il s’appuie pour cela sur l’expérience acquise depuis plusieurs années par notre groupe mais également sur un ensemble de recommandations décrites dans plusieurs documents de référence :

  • Circulaire DHOS/O1/2005/205 du 25 avril 2005 relative aux locaux, matériels et DM dans les établissements de santé exerçant le traitement de l’IRC
  • Arrêté du 25 avril 2005 relatif aux locaux, matériels et DM dans les établissements de santé exerçant le traitement de l’IRC
  • Recommandations générales d’hygiène des soins
  • Bonne pratiques d’hygiène en hémodialyse (SFHH décembre 2004)
  • Hygiène et Architecture dans les établissements de santé (DRASS Rhône Alpes Avril 1997)
  • Guidelines internes Fresenius Medical Care

Circulaire et arrêtés techniques donnent des recommandations générales de surface par poste et par modalité mais également de distance entre les patients. Ils ont également l’avantage de décrire précisément les différents locaux et équipements nécessaires pour garantir une hygiène parfaite dans la mise en œuvre des soins par dialyse à savoir:

  • Vestiaires, douches et sanitaires dédiés aux patients
  • Box d’isolement
  • Local DASRI
  • Local linge sale
  • Local déchets ménagers
  • Stockage
  • Local Pharmacie
  • Local de maintenance biomédicale et stockage des générateurs de secours
  • Office patients & Office personnel séparés
  • Lave mains
  • Vidoirs

Tout projet mené par notre groupe intègrera donc ces différents locaux ; il sera complété des locaux spécifiques à la modalité de traitement mis en œuvre (Centre, UDM, UAD, entrainement Dialyse Péritonéale) ainsi que des locaux et équipements nécessaires pour les personnels (vestiaires avec douche, poste de surveillance, préparation de soins, attente ambulanciers,…).

L’architecte assurera l’arrangement de ces différents locaux de telle manière que les flux (propre, sale, patients, personnels) qui en découlent soient les plus cohérents possibles.
Il intégrera pour chaque local le degré de risque (faible, moyen ou fort) et les exigences techniques précises (surface, traitement d’air, éclairage, lavage des mains, revêtement des surfaces,…..) définies par le comité de pilotage.
Ces exigences techniques devront répondre aux recommandations suivantes :

Surface :
Elle devra être suffisante pour permettre un fonctionnement optimal et sera calculée en rapport avec l’activité du centre (exemple 1 stockage trop exigu génère un encombrement et donc des difficultés de nettoyage)

Traitement d’air :
Nous opterons pour des systèmes assurant un renouvellement d’air par un air neuf filtré, régulé en température et assurant un volume d’échange compris entre 6 et 12 volumes / h dans les salles de soins. Nous opterons pour la possibilité de réguler la pression dans les box d’isolement afin de garantir un isolement protecteur du patient lui-même ou des autres patients. Enfin tous les systèmes de chauffage seront conçus pour éviter ou limiter l’utilisation de radiateurs.

Eclairage :
Il sera toujours étudié pour permettre le bon déroulement des gestes de soins et un contrôle parfait des gestes d’hygiène.
Nous veillerons toujours à ce qu’il ne génère pas de part sa conception ou son design d’accumulation de poussière.

Lavage des mains :
Le nombre de point de lavage hygiénique des mains est désormais fixé par arrêté (1 pour 4 postes de dialyse). Toutefois nous renforcerons ces recommandations en installant dans chaque box, espace de soins et de consultation, une station de lavage hygiénique des mains. Dans tous les locaux techniques et à proximité des locaux de stockage des déchets il sera également installé des points de lavage des mains.
Le risque légionnelle sera pris en considération dans nos études. Dans la mesure où les volumes d’eau chaude sanitaire utilisés sont faibles, nous privilégierons les petites unités individuelles de production d’eau chaude.
En cas de production centralisée, l’unité disposera d’une production d’eau chaude avec système anti-légionnelle et bouclage du réseau de distribution.

Revêtement des surfaces :

  • Sols : Tous les sols seront recouverts d’un revêtement PVC adapté au local avec remontée en plinthes de 15cm environ. Ces revêtements seront posés sur chape très plane et assemblés avec des joints soudés à chaud et imperméables. Afin de permettre les nettoyages fréquents indispensables en dialyse, les revêtements choisis seront tous traités en usine avec un revêtement polyuréthane. Ils disposeront également d’un traitement fongistatique et bactériostatique leur conférant ainsi une grande sécurité en termes d’hygiène.
  • Murs : Nous recherchons en permanence des revêtements de bonne qualité, lessivables, pouvant recevoir un essuyage humide et l’application de détergents désinfectants. Notre choix se porte actuellement sur la toile de verre peinte. Celle-ci répond à la fois aux critères esthétiques (choix des couleurs) et aux critères d’hygiène (maille fine).
    Les locaux humides quand à eux recevront un revêtement mural PVC dont les caractéristiques techniques sont identiques à celles des sols.
  • Les portes seront recouvertes de stratifié haute densité. Nous veillerons à garantir la protection des murs par la pose de protections PVC et plus particulièrement dans les circulations et sur les angles saillants.
  • Plafond : L’usage de faux plafond sera aussi limité que possible car il génère des espaces dans lesquels il y a un risque d’accumulation de poussières lesquelles pouvant être remis en circulation par des mouvements d’air. Nous privilégierons dons dans la mesure du possible le revêtement des plafonds en plein, de surface plane et résistant à l’action des produits détergents désinfectants. Les plaques de faux plafonds démontables nécessaires pour l’accès aux équipements techniques seront de type hygiène.

Plan de travail :
Le choix des matériaux est également ici un facteur primordial. Leur résistance et leur facilité de nettoyage sont des critères de choix incontournables.
Leur conception sera en un seul tenant avec des bords arrondis et post formés pour permettre une remontée sur les murs. Ils seront réalisés avec des matériaux résistants aux détergents désinfectants (résines synthétiques avec cuves intégrées, panneaux mélaminés hydrofuges haute densité avec revêtements stratifiés à haute résistance).

Outre ces exigences techniques précises et d’une manière plus générale nous veillerons à limiter le nombre d’équipements apparents en exigeant du maître d’œuvre et des entreprises un encastrement maximal des équipements techniques. Nous limiterons ainsi la circulation en applique des réseaux de distribution d’eau, des réseaux d’évacuation ou encore nous limiterons les traversées verticales apparentes.

Les écrans de télévision individuels seront de type LCD plat afin de limiter l’accumulation de poussières et ainsi faciliter leur nettoyage.

De même tous les réseaux électriques (courant fort et courant faible) et de distribution des fluides (eau osmosée, solution concentrée acide, gaz médicaux, rejet) seront rassemblés dans un système de bornes et de bandeaux spécifiques en PVC suspendus aux murs.
Ces équipements limitent considérablement l’accumulation de poussière dans les locaux ; Ils permettent également une hygiène parfaite des sols au sein des salles de dialyse.

Même s’il peut s’avérer parfois difficile de mettre en œuvre les décisions prises par nos comités de pilotage (délais raccourcis, manque de temps, délais d’approvisionnement, imprévus divers, …) le Chef de projet est là pour trouver des solutions. Il s’engage à faire respecter ces décisions et ainsi assurer la réussite du projet.
Patients et professionnels de santé disposeront alors d’une unité fonctionnelle pourvue d’une grande sécurité en termes d’hygiène.

 

 

L’aspergillose

Par Docteur Odile Bajolet, Praticien Hospitalier.CHU Reims

 

 

Procédure et sécurité à respecter pour éviter l’aspergillose

Par Corinne Mayer, Infirmière hygiéniste.HP Compiègne

 

 

Journal de l’Association des Techniciens de Dialyse
Copyright ATD Infos – N°33 -Mars 2008

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