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N°19 – Juin 2003

Sommaire

LES VIRUS 11 éme session de formation – les 14 et 15 novembre 2002 à LILLE
Par Catherine DURRONSOY, Hubert METAYER, Polyclinique St Côme Compiègne
Définition et conduite à tenir en cas d’accident d’exposition au sang ( AES )
Par Dr. TOLANI, Polyclinique St Côme Compiègne
HEPATITE C
Par Dr. Canva, CHRV Lille
Rôle des désinfectants sur les virus et leur interêt dans la prévention de la transmission des infections virales
Par Silvina RAMELLA VIRIEUX, Laboratoire Hémodia Sagal

 

Président : Hubert Métayer ( Compiègne)
Vice-Président : Emmanuel Carnot (Maubeuge)
Secrétaire : Claude Mendez (Compiègne)
Secrétaire-adjoint : Jean-Claude Diez (Hyères)
Trésorier : Catherine Duronssoy (Compiègne)
Trésorier-adjoint : Thierry Villaret (Paris)
Délégué régional : Patrick Crestan (Annonay), Jean-Claude Diez (Hyères), Thierry Villaret (Paris), Catherine Duronssoy (Compiègne)

 

 

LES VIRUS 11 éme session de formation – les 14 et 15 novembre 2002 à LILLE

Par Catherine DURRONSOY, Hubert METAYER, Polyclinique St Côme Compiègne

SIDA HEPATITE B HEPATITE B HEPATITE B

Virus de l’ HEPATITE A ( Découverte 1973 )

EPIDEMIOLOGIE – En France de 10000 à 30000 cas symptomatiques/an
– 15% des sujets de 20 ans sont immunisés et 50% de ceux de 50 ans.
– répartition dans le monde :
surtout dans les pays en voie de développement.
MODES DE TRANSMISSION – Direct: voie orale:c’est la voie essentielle. voie sexuelle ou injectable rare, voie materno-foetale: nulle,

– Indirect: aliments ou eaux contaminés.

SYMPTOMES ET EVOLUTION – ictére chez 20% /des adultes et 10% des enfants..
– jamais de passage à la chronicité,7% de rechute,hépatite fulminante dans 0.01% des cas
PREVENTION – aucun traitement, guérison spontanée,
– en cas d’hépatite fulminante: transplantation hépatite.
TRAITEMENT Vaccin depuis 1994, non remboursé
H hygiéne: lavage des mains, propreté des aliments.

Virus de l’ HEPATITE B Découverte1964

EPIDEMIOLOGIE – En France : 100000 contaminations/an dont 10000 hépatites aigues symptomatiques,
– 2% de la population présente des anticorps spécifiques, de 100000 à 500000 personnes sont porteuses chroniques, dans le monde: surtout l’Afrique,l’Asie du sud-est, la Chine.
MODES DE TRANSMISSION – voie sanguine,
– voie sexuelle,
– voie percutanée,
– voie materno-foetale
– voie nosocomiale
– voie salivaire possible
L’hémodialyse est certainement une voie de transmission du virus entre les patients par :l’intermédiaire du générateur
(role du capteur de pression ) le partage d’instrument,le matériel, les surfaces.
SYMPTOMES ET EVOLUTION – ictére dans 10%des cas,
– passage à la chronicité dans 3% des cas,
– hépatite fulminante dans 0.1% des cas
PREVENTION – vaccin ( rembourséà 65% et recommandé aux adolescents depuis 1994)
– préservatifs
– dépistage obligatoire des donneurs de sang(depuis 1971) et des femmes enceintes,
– impératif absolu : vaccination du personnel des services de néphrologie.
TRAITEMENT – phase aigue: aucun traitement (guérison spontanée)
– phase chronique:interféron a

Virus de l’HEPATITE C Découverte1989

EPIDEMIOLOGIE Les personnes présentent des anticorps dont 80% sont porteuses du virus.
Dans le monde : surtout en Asie, l’Europe de l’est, l’Amérique du sud,(réel probléme de santé publique)
MODES DE TRANSMISSION – voies rares: sexuelles et mater-foetale,
– transmissions inexpliquées : 30% des cas,
– l’hémodialyse est certainement une voie de transmission du virus entre les patients par : l’intermédiairedu générateur,
(role du capteur de pression)le partage d’instrument, le matériel, les surfaces
SYMPTOMES ET EVOLUTION – ictére<10% des cas,passage à la chronicité dans 70% des cas,
– hépatite fulminante dans 0.01% des cas.
PREVENTION dépistage obligatoire des donneurs de sang(depuis 1990) et des personnes à risque.
TRAITEMENT interféron A (phases aigues et chroniques)
Virus de l’HEPATITE D Découverte1977
EPIDEMIOLOGIE 5000 à 7000 personnes dans le monde : surtout le bassin
méditerranéen et l’Europe de l’est
MODES DE TRANSMISSION Soit l’infection par les virus B et D est simultanée,
on parle alors de coinfection qui se traduit une hépatite aigue souvent grave(que celle due à la seule action du virus de l’hépatite), soit le virus D vient compliquer une hépatite B,
il s’agit alors d’une surinfecton.
SYMPTOMES ET EVOLUTION – même risque de chronicitéque pour le VHB,
– même risque d’hépatite fulminante que pour le VHB.
PREVENTION vaccin contre l’hépatite B
TRAITEMENT  

Virus de l’HEPATITE E Découverte:1990

EPIDEMIOLOGIE moins de 2%de la population posséde des anticorps,

dans le monde : surtout l’Asie du sud-est, l’Inde, l’Afrique,et l’Amérique Latine

MODES DE TRANSMISSION Indirect : par voie orale (aliments ou eaux contaminés)
Direct: : mode de contamination rare
SYMPTOMES ET EVOLUTION ictére dans 5%des cas, amais de passage à la chronicité
– hépatite fulminante surtout chez les femmes enceintes au
3 éme trimestre de grossesse: 30% des cas,
existence d’un virus de l’hépatite F dans ce groupe,mais il reste mal caractérisé.
PREVENTION aucun traitement, (guérison spontanée)

– hygiéne: lavage des mains, propreté des aliments, pas de vaccin.

TRAITEMENT  

Virus de l’HEPATITE G découverte :1995

EPIDEMIOLOGIE A partir du sérum d’un patient porteur d’hépatite C,1.12% de la population en général.
3.1% à 4% des patients hémodialysés,
le virus de l’hépatite G n’est reconnu comme l’agent étiologique que dans 0.3% des hépatites virales aigues aux Etats-Unis,
(ALTAR & COLL) 1997
MODES DE TRANSMISSION – voie sanguine
– voie mater-foetale possible
SYMPTOMES ET EVOLUTION co-infection avec les virus des hépatites B et C incontantes,hépatotoxité?
PREVENTION ?
TRAITEMENT ?

Virus du SIDA découverte 1970

SIDA – Syndrome immunodéficitaire acquis, stade avançé et le plus sévére de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine, caractérisé par une déficience immunitaire,le sida est la forme majeure de cette déficience immunitaire.

– Le sida est due au : VIH (virus de l’immunodéficience humaine) celui-ci a été découvert en 1983, il s’attaque au systéme de défense naturel qui protége l’organisme de l’homme des agressions infectieuses,

– la cible du VIH : le lymphocite dont le role est de repérer
les agresseurs et d’activer les autres lymphocytes tueurs.

EPIDEMIOLOGIE – le virus du sida a commençé entre la fin des années 1970 et le début des années 1990 (ex : Europe de l’est) pandémie mondiale en progression constante,
E n 2001, 40 millions de personnes vivent avec le VIH ou un sida déclaré, la face visible de l’épidémie est representée par le sida déclaré mais la séroposivitépasse souvent inaperçue,
en effet, il s’écoule une dizaine d’année entre la contamination et la maladie effective,
Asie du sud et sud -est : 6.1 millions,
Amérique du sud : 1.4 millions ,
Afrique subsharienne : 28.1millions soit 70% des cas de la planéte.
MODES DE TRANSMISSION La transfusion de sang a été un vecteur majeur de transmission,

1980-85 : années marquées par des contaminations lors de transfusions sanguines ou de dérivés sanguins,
En 1985 : les établissements transfusionnels ont obligation de pratiquer un dépistage des anticorps anti-VIH sur chaque don,

– Partage de seringue souillée par le sang, (toxicomanie)
– Transmission professionnelle: au cours d’un accident de travail, (piqure,projection)
– Transmission sexuelle,
– Transmission materno-foetale

PREVENTION Les personnes exposées au risques de contamination par le VIH sont celles qui sont en contact avec les malades infectés ou avec leur sang et leurs liquides biologiques:
– infirmiéres
– techniciens de laboratoire
– techniciens d’hémodialyse
– aides soignantes
– sages-femmes
– chirurgiens
– chercheurs
Risque faible car mesures d’hygiéne strictes, toutefois la contamination peut avoir lieu lors de manipulation de matériel piquant ou tranchant projection de liquides biologiques dans l’oeil ou la bouche, le port d’une surblouse et de gants pour manipuler des produits potentiellement contaminants doit etre suivi d’un lavage des mains.
TRAITEMENT il existe 2 vaccins en étude:
vaccins peptidiques,
vaccins recombinants,
la connaissance incompléte du virus n’autorise pas à l’expérimentation directe sur l’homme,

Evolutiondu traitement/
1987 :AZT en monothérapie,
1995 : bithérapie
AZT + DDI ou AZT + DDC

l’association a permis de réduire des décés de 30%

1997 : trithérapie
AZT + DDC + RITONAVIR ou AZT + DDI + RITONAVIR

le VIH reste actif à l’air 24 heures au maximum,

INFOS
recherches les plus avançées concernent de nouvelles molécules
ABT 378, TIPRANAVIR, FDDA, PMPA, le T-20 et le T-1249 soulévent des espoirs.

 

 

Définition et conduite à tenir en cas d’accident d’exposition au sang ( AES )

Par Dr. TOLANI, Polyclinique St Côme Compiègne

Les accidents d’exposition au sang (AES) ou à un liquide biologique contaminé par du sang, se font soit par effraction cutanée, soir par projection sur une muqueuse ou une peau lésée.

Les AES sont à l’origine de la transmission de virus :

• VIH
• Virus des hépatites B et C,

Des soignés aux soignants (il s’agit alors d’accident du travail dans les établissements privés et d’accident de service dans les établissements publics), mais aussi des soignants aux soignés (il s’agit alors d’infection nosocomiale).

La prise en charge des AES doit s’intégrer dans une démarche d’assurance qualité intégrant :

• La déclaration exacte de tous les accidents.
• La conduite à tenir immédiate précisée dans un protocole écrit et à disposition de tous les personnels relative aux recommandations à mettre en œuvre devant un risque de transmission virale,
• L’analyse des circonstances de survenue des AES pour identifier les causes d’exposition et pour déterminer ensuite les façons de réduire ou d’éliminer le risque d’exposition.
• La sensibilisation du personnel à ce risque passant par des programmes de formation notamment pour les nouveaux arrivants.
• La mise en œuvre d’une prévention vigilante lorsqu’elle est possible (vaccination anti Hbs).
• Le respect des règles standards d’hygiène.

La mise en place d’un système de surveillance spécifique aux professionnels de la santé exerçant dans le domaine technique pourrait être un apport à la connaissance des modes de contamination.

Définition

Il s’agit de tout accident survenant avec du sang ou un liquide biologique contaminé par du sang et comportant :
une effraction cutanée (piqûre, coupure,…) : on parle alors d’accident percutané (APC),
ou une projection sur une muqueuse (oeil) ou une peau lésée, on parle de contact cutanéo-muqueux (CCM )

Les risques, pour qui ?

À ce jour, les professionnels de santé dont la contamination est prouvée (source geres)
– Hépatite B : ??
– Hépatite C : 53
– VIH : 13 (aucune depuis 1997)

Les professionnels concernés :
– Les infirmières, les aides soignantes, les chirurgiens mais aussi
– Les brancardiers, ambulanciers, pompiers, des éboueurs, agents de nettoyage d’espaces verts, jardiniers, susceptibles d’être blessés par une aiguille souillée.

Alors…

Alors pourquoi pas les techniciens qui travaillent dans le même espace professionnel à risques ?
Même si leur nombre est sûrement faible
Mais peut-être aussi sous estimé ? D’où l’importance de la déclaration Car le risque d’exposition existe.

Pourquoi déclarer ?

Pour mieux connaître les circonstances de survenue des accidents dans votre champ professionnel spécifique
Pour une prise en charge optimale définie par des textes :
Circulaire DGS-DH n° 98/249 du 2 avril 1998 sur la prévention de la transmission des agents infectieux véhiculés par le sang ou les autres liquides biologiques lors des soins.
Circulaire DGS/DH/DRT n° 98-228 du 9 avril 1998 relative aux recommandations de mise en oeuvre d’un traitement antirétroviral après exposition au risque de transmission du VIH.
Circulaire DGS/DH/DRT n° 99-680 du 8 décembre 1999 relative aux recommandations à mettre en oeuvre devant un risque de transmission du VHB et du VHC par le sang et les liquides biologiques.

La conduite à tenir en urgence

Doit être définie dans une procédure :
– Affichée dans le service et connue du personnel
– Rédigée sous la responsabilité du CLIN (comité de lutte contre les infections nosocomiales)
– En collaboration avec le médecin du travail

Et repose sur une consultation médicale :
– Pour évaluer le risque infectieux
– Et informer sur les traitements possibles

Éviter à tout prix cette contamination

C’est d’abord souligner :
– L’importance de la prévention ,
– Basée sur la formation,
– Et l’information.
C’est aussi responsabiliser chacun

La prévention

De l’hépatite B
La vaccination (obligatoire)
La vérification de la sérologie
Pour les autres virus… et les autres agents pathogènes (bactéries, champignons, prions)
– Le respect des « précautions standard »
Le lavage des mains
Le port de gants
La désinfection soigneuse des matériels

Précautions standard

L’application des règles

Les gants : à utiliser en cas de transport de matériel souillé, pour se protéger
Le lavage des mains : à utiliser pour éviter de contaminer les autres
Avant tout, se sentir responsable

 

 

HEPATITE C

Par Dr. Canva, CHRV Lille

 

Quelques chiffres …

Monde
– 3% soit 150 millions
Répartition de prévalence
– Basse (0,5%) : Scandinavie, Suisse, Canada, Australie
– Moyenne (1%) : Europe de l’Ouest, USA
– Forte (>2%) : Japon, Europe du sud, Pays en voie de développement (5-10 %)
France
– 1.2 % soit 500 à 600.000 personnes

Hépatite chronique C

Clinique
– Asthénie fluctuante
– Manifestations extra-hépatiques
– Cirrhose et complications

Biologie
– Cytolyse chronique
– Transaminases normales
– ARN VHC qualitatif positif

Cirrhose virale C

Facteurs de risque
– Contamination > 40 ans
– Sexe masculin
– Alcool
– Co-infection VHB
– Co-infection VIH

Génotypes du VHC en France

Répartition
– 1b : 40-50%
– 1a : 15-25%
– 3a : 15-25%
– 2 : 10%
– 4 : 10%
– 5 : rare
– 6 : exceptionnel

Mode de transmission
– Transfusion :
1b
– Toxicomanie :
3a, 1a

Score de Metavir

Score A (activité)
Absente A0
Minime A1
Modérée A2
Sévère A3

Score F (fibrose)
Absence de fibrose F0
Fibrose portale sans septa F1
Fibrose portale avec
rares septa F2
Nombreux septa
sans cirrhose F3
Cirrhose F4

Traitement – Bithérapie

Interféron pégylé
1.5 µg/kg
1 fois par semaine
Sous cutanée

Ribavirine
0.8 g/j si < 65 kg 1 g/j si 65-85 kg 1.2 g/j si > 85 kg
Voie orale

Durée :
Génotypes 2/3 : 6 mois
Génotypes 1/4/5 : 12 mois

Traitement – Résultats

Génotype 1 Charge virale élevée : 37 %
Génotype 1 Charge virale basse : 71 %
Génotype 2 ou 3 : 88%

Effets indésirables psychiatriques

Insomnie 41 %
Irritabilité 34 %
Dépression 32 %
Troubles de concentration 21 %
Anxiété 14 %
Emotivité 10 %
Idées / tentatives de suicide 1.2 %
Troubles psychotiques rares

Hémodialyse et VHC

Prévalence
– 10-65%
– Fonction
Durée dialyse
Nombre de transfusions
– Diminution importante
Mesures d’hémovigilance
Règles universelles d’hygiène

Modes de contamination
– Mal connus
– Transmission interhumaine > matériel
Hémodialyse > dialyse péritonéale et à domicile
X 2

Particularités biologiques et virologiques
– Transaminases normales
67% contre 25% (pop générale)
– Négativité des Ac VHC (1-15%)
– ARN VHC : test diagnostique le plus efficace
– Variabilité génomique accrue
Facteur de résistance au traitement anti-viral

Impact clinique
– Diminution de la survie des patients dialysés infectés
32% à 8 ans versus 52% (dialysés VHC-)
Meilleure après transplantation rénale
Place du traitement antiviral pour éradication avant transplantation rénale?

Traitement curatif
– Fonction de la biopsie hépatique
– Efficacité supérieure IFN standard
Demi-vie supérieure
Aire sur la courbe plus importante
– Bénéfice histologique
– Contre-indication de la ribavirine
– Moindre tolérance
20-40% d’interruption de traitement

Traitement préventif
– Dépistage dons du sang, Erythropoïétine, règles d’hygiène universelles
– Diminution de l’incidence : 0 à 1,4% par an
– Etude belge (1998)
Amélioration des règles d’hygiène
Sans réduction des transfusions ni modification des techniques de désinfection du matériel de dialyse
Réduction d’incidence de 0,65% à 0%

Conférence de consensus (Février 2002)
« Un traitement anti-viral par interféron en monothérapie peut-être proposé, malgré une mauvaise tolérance habituelle, car il semble induire plus fréquemment que dans la population générale une réponse virologique prolongée et une amélioration histologique. Il est justifié de traiter l’infection virale C avant d’envisager une transplantation rénale qui contre-indique l’utilisation de l’interféron. »

Perspectives futures
– Place de l’interféron consensus
– Place de l’interféron a-2a Pegylé
2 fois plus efficace que l’interféron standard
Pas d’élimination rénale

 

 

Rôle des désinfectants sur les virus et leur interêt dans la prévention de la transmission des infections virales

Par Silvina RAMELLA VIRIEUX, Laboratoire Hémodia Sagal

La désinfection des circuits de dialyse doit répondre aux impératifs suivants:
– être rapide de façon à assurer une décontamination et une désinfection entre deux patients afin optimiser l’utilisation des postes de dialyse ;
– garantir l’innocuité vis à vis du matériel ;
– utiliser des produits d’un rinçage aisé et qui peuvent se détecter à l’état de traces ;
– utiliser des produits compatibles avec les éléments du sang.

La désinfection est l’action consistant à détruire les micro-organismes présents sur une surface inerte, en plaçant ces derniers au contact d’un milieu hostile (désinfectant) durant un temps donné, et ceci sans nuire au support ni au personnel manipulant.
Le résultat est momentané car la désinfection est le plus souvent limitée au temps de la procédure ; dès la fin de cette dernière, il peut avoir de nouveau contamination.
La destruction des micro-organismes signifie que les désinfectants ont une action bactéricide, virucide et fongicide.

Après une procédure de désinfection bien respectée, il y a :
– réduction d’un facteur de 100 000 bactéries en 5 minutes (5 log) ;
– réduction d’un facteur de 10 000 fungi en 15 minutes (4 log) ;
– réduction d’un facteur de 10 000 virus en 1 heure (4 log) .
Ces objectifs sont précisés plus spécifiquement, selon l’usage des produits, par les normes européennes.

Les paramètres influençant la qualité de la désinfection sont :
– le niveau de propreté macroscopique du support à désinfecter ;
– le choix du produit désinfectant ;
– le temps de contact du désinfectant en fonction des objectifs fixés ;
– le respect des procédures par les opérateurs.

La composition des désinfectants pour acquérir les propriétés recherchées est déterminée par le choix judicieux des trois sortes de constituants :
– un ou plusieurs principes actifs : substances chimiques connues pour leur activité destructrice vis à vis des bactéries, des spores, des champignons et des virus.
– un ou plusieurs excipients ou adjuvants : substances chimiques dépourvues de propriétés germicides mais conférant des propriétés particulières : nettoyant, solubilisant, anticorrosion.
– un solvant le plus souvent aqueux ou alcoolique.

Le rôle des désinfectants sur les virus est déterminé par leur mécanisme d’action et l’évaluation de l’activité virale dans les conditions d’utilisation.

Les principes actifs qui sont la base des formulations commercialisées des désinfectants, relèvent d’une douzaine de familles chimiques (oxydants, dérivés phénoliques, aldéhydes, ammoniums quaternaires, amphotères antimicrobiens, métaux lourds, chlorhexidine, acides, alcools, ..)

Les principes actifs peuvent être classés en trois groupes selon leur mécanisme d’action sur les virus. Ils peuvent agir :
– par dénaturation: altération de la structure physiologique des
protéines et lipides ;
– par réaction : formation ou destruction des liens covalents ;
– par oxydation : augmentation de la valence positive des C, S ou N.

Les alcools, comme l’éthanol, dénaturent les protéines en présence d’une petite quantité d’eau. Ils sont bactéricides à des concentrations supérieures à 70 % v/v mais ils satisfont partiellement aux normes AFNOR. Ils ne sont pas actifs sur les formes sporulées des bactéries. Leur action sur certains virus a été mise à profit lors des procédés de fabrication des vaccins en vue de limiter le risque de transmission virale.

Les ammoniums quaternaires doués de propriétés anti-microbiennes appartiennent à la famille des tensioactifs cationiques. Ces composés chargés positivement, sont rapidement absorbés par les groupements chargés négativement qui sont présents à la surface du micro-organisme. Cette fixation entraîne une modification de la perméabilité membranaire et selon la concentration, soit une inhibition des protéines enzymatiques, soit une dénaturation des lipoprotéines et une désorganisation des structures membranaires. Ces composants sont bactéricides sur une très large variété de germes, et la plupart possède des propriétés virucides. De nombreux facteurs (protéines, dureté de l’eau, pH…) influencent leur activité dans des proportions variables selon le type d’ammonium quaternaire.

L’acide peracétique appartient à la famille des oxydants. Il possède un pont peroxyde comme l’eau oxygénée. L’activité germicide est due au pouvoir oxydant de l’acide peracétique qui détruit les protéines structurales et enzymatiques. Les solutions diluées sont virucides selon l’AFNOR à des concentrations variables, le pH et les stabilisants ayant une grande influence sur les résultats.

Le chlore appartient à la famille des halogènes. L’acide hypochloreux HClO serait le principe actif doué d’activité anti-microbienne du chlore et des produits chlorés. L’activité anti-microbienne est due au pouvoir oxydant de HClO qui détruit les protéines structurales et enzymatiques. L’activité est fonction du pH.

La chlorhexidine appartient à la famille des biguanides. A faible dose elle entraînerait une perte des constituants cytoplasmiques et à forte dose une précipitation des protéines et des acides nucléiques. Les solutions sont bactéricides à partir d’une concentration qui reste difficile à déterminer. Elles ne seraient pas sporicides et fongicides et n’auraient pas d’action sur les mycobactéries, ni sur le virus à l’exception du virus de l’immunodéficience acquise et des virus de l’herpès.

L’iode appartient à la famille des halogènes. L’iode sous forme moléculaire est capable de pénétrer rapidement la membrane cellulaire. Son activité est due à son pouvoir oxydant comme les autres halogènes. Il est bactéricide (quelque soit le pH), virucide et fongicide mais pas sporicide.

Le formaldhéhyde fait partie de la famille des aldéhydes. Leur activité s’explique par l’action réductrice des aldéhydes. Elle conduit à la dénaturation des protéines et provoque l’alkylation des macromolécules (acides nucléiques). L’activité du formaldéhyde gazeux est bactéricide, sporicide, fongicide et virucide à des concentrations faibles. Les solutions de formaldéhyde sont bactéricides selon l’AFNOR à des concentrations de 30 %. L’association avec d’autres principes actifs permet d’obtenir une activité bactéricide, sporicide, fongicide et virucide avec des concentrations beaucoup plus faibles en formaldèhyde.

Le glutaraldéhyde fait partie de la famille des aldéhydes. L’activité s’explique par l’action réductrice des aldéhydes. Elle conduit à la dénaturation des protéines et provoque l’alkylation des macromolécules (acides nucléiques). Les solutions de glutaraldéhydes sont bactéricides, sporicides, fongicides et virucides à des concentrations de 1 à 2.5 %.

Le peroxyde d’hydrogène ou eau oxygénée et le permanganate de potassium appartiennent à la famille des oxydants. Le principe actif est l’oxygène. Le mécanisme d’action des oxydants n’est pas connu avec certitude. Différentes étapes pourraient intervenir pour rendre l’eau oxygénée, dérivé produit naturellement par la cellule, réactive vis à vis des protéines et des constituants essentiels de la cellule. Les oxydants sont actifs sur des nombreux micro-organismes : bactéries, champignons, virus et spores. Cependant, ils ne sont pas anti-microbiens dans les conditions de l’AFNOR.

La polyhexanide appartient à la famille des polymères de béguinage. Elle est fixé à la paroi bactérienne provoquant des lésions irréversibles, et la destruction de la membrane. Les solutions sont bactéricides et fongicides mais à concentration variable. Elle n’est pas virucide ni sporicide.

Cependant, pour évaluer l’efficacité de la désinfection virale dans les circuits d’hémodialyse, il faut tenir compte des 2 aspects : les méthodes d’étude de l’activité virucide et le protocole d’utilisation.

La difficulté majeure rencontrée dans tous les processus de désinfection réside dans le fait qu’il est difficile et coûteux d’évaluer les résultats. Dans la pratique, l’évaluation de la désinfection virale porte sur la rigueur d’application d’un protocole d’utilisation validé.
Les méthodes d’étude de l’activité virucide sont déterminées par les normes ou des essais non normalisés.
Une norme est un document élaboré par des spécialistes qui définit des spécifications techniques.
Elle constitue pour les utilisateurs une sérieuse référence technique.

L’AFNOR propose 2 normes virucides:
– La NFT 72 180 permettant d’apprécier une inactivation d’au moins 99.99 % des virus vertébrés les plus couramment rencontrés.
– La NFT 72 181 permettant d’apprécier une inactivation d’au moins 99.99 % des bactériophages de différentes espèces choisies comme modèle viral.

Le principe de ces techniques est de mettre en contact les suspensions virales pendant 15, 30 et 60 minutes ou les suspensions bactériophages pendant 15 minutes à une température déterminée(20 °C) avec le désinfectant à la concentration d’utilisation ou diverses concentrations si celle ci n’est pas connue. Puis on titre la suspension virale ou les bactériophages après avoir arrêté par dilution ou élimination l’activité virucide du désinfectant.

En plus, des autres méthodes non normalisées sont utilisées afin d’évaluer l’activité antivirale sur des virus spécifiques comme le virus de l’Hépatite B , Hépatite C ou HIV.
Des essais ont permis de déterminer l’activité antivirale des désinfectants sur le virus VHB : agent étiologique de l’Hépatite B. L’activité désinfectante est déterminée sur la souche de référence : DVHB (virus de l’Hépatite B du canard). Ce virus, étroitement apparenté, au virus humain a été validé comme un des virus modèles de référence pour tester l’inactivation du VHB dans les produits sanguins.
Des essai ont permis de déterminer l’activité antivirale des désinfectants sur le virus VHC : agent étiologique de l’Hépatite C. L’activité désinfectante est déterminée sur la souche de référence : VHC : un sérum humain positif pour le virus VHC d’un titre de 107 Eq/ml.
En fin, des essais ont permis de déterminer l’efficacité des désinfectants sur le pouvoir infectieux du virus HIV 1 (agent étiologique du S.I.D.A.). L’activité désinfectante est déterminée sur la souche de référence (HTLV III B).

 

 

Journal de l’Association des Techniciens de Dialyse
Copyright ATD Infos – N°19 – Juin 2003

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