Pas de commentaire

N°25 – Juin 2005

Sommaire

La loi du 4 mars 2002 et l’information du patient
Par Dr J.F. de Frémont, Néphrologue,Polyclinique St-Côme
Bénéfices attendus de la présence des techniciens des unités de dialyse
Par Gérard Palot, Technicien bio-médical ,CHU Nîmes
L’implication et le rôle du technicien dans la formation et le suivi patient hors-centre
Par Dr C.Desvergnes, Néphrologue,AURAD Aquitaine Gradignan,Bordeaux
Relation malades/Techniciens,FNAIR Témoignages.
Par Raymond Gouze, Accompagnant de dialyse à domicile pendant la nuit depuis 35 ans et Colette Vitse, 10 ans d’hémodialyse
Procédures à adopter vis à vis du traitement d’eau en cas de catastrophe
Par Dr Céline Granolleras, Néphrologue,CHU Nîmes

 

Président : Hubert Métayer ( Compiègne)
Vice-Président : Emmanuel Carnot (Maubeuge)
Secrétaire : Claude Mendez (Compiègne)
Secrétaire-adjoint : Jean-Claude Diez (Hyères)
Trésorier : Catherine Bossard (Compiègne)
Trésorier-adjoint : Thierry Villaret (Paris)
Délégué régional : Jean-Claude Diez (Hyères), Thierry Villaret (Paris), Catherine Bossard (Compiègne)

 

 

La loi du 4 mars 2002 et l’information du patient

Par Dr J.F. de Frémont, Néphrologue,Polyclinique St-Côme

 
La Loi du 4 mars 2002 reconnaît à chaque patient un droit à une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qui lui sont proposés. La Loi précise par ailleurs que cette information ne doit pas être l’apanage du seul médecin, mais « incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables ». Soyons transparent et impliquons les patients dans les décisions : tel pourrait être le message laissé par le législateur.

Comme tout professionnel de santé, le technicien de dialyse doit intervenir de manière spécifique. Notamment informer sur un générateur ou un traitement d’eau permet de diminuer l’anxiété des patients.

Informer c’est aussi : participer à la formation des patients en vue de l’acquisition de leur autonomie, que ce soit autodialyse ou dialyse à domicile, et contribuer à la formation des infirmières voire des médecins, lesquels pourront à leur tour délivrer l’information technique la plus appropriée.

Les associations de patients doivent enfin faire connaître leurs attentes en matière d’informations techniques, ce qui permettra aux techniciens de trouver leur place au sein des cellules d’informations destinées aux patients et à leurs familles.

 

 

Bénéfices attendus de la présence des techniciens des unités de dialyse

Par Gérard Palot, Technicien bio-médical ,CHU Nîmes

 

 

 

L’implication et le rôle du technicien dans la formation et le suivi patient hors-centre

Par Dr C.Desvergnes, Néphrologue,AURAD Aquitaine Gradignan,Bordeaux

 
L’AURAD Aquitaine gère plus de 400 patients hors centre. Notre expérience n’inclut donc pas le centre mais elle peut éclairer le rôle possible du technicien de dialyse dans l’information du patient.
Le technicien de dialyse (TD) a un rôle dans la formation du patient, la formation des infirmières (IDE), l’installation et le suivi du patient à domicile et dans la relation antenne médecins ou domicile médecin.
La formation du patient en antenne d’autodialyse ou à domicile, est plus ou moins approfondie selon la destination du patient (antenne assitée ou domicle), son désir d’appendre mais aussi ses possibilités.
Le technicien intervient à la phase terminale de l’éducation et en particularité dans gestion du traitement d’eau.

Le préalable à l’installation du patient est la visite du domicile. Celle-ci doit se faire en présence du TD qui par la suite interviendra chez le patient. Il s’agit d’un premier contact. L’avis qu’il donne sur l’emplacement, le type d’installation est précieux.

Le patient sait que le TD est impliqué dans l’équipe soignante.

Par la suite c’est souvent le TD qui est appelé par le patient en cas de problème technique mais qui peut être aussi une mauvaise compréhension des procédures. De même, ces procédures peuvent changer au cours du temps en fonction de l’évolution du matériel ou du changement de prescription. Là encore le TD est souvent en relation avec le patient et peut dépister une mauvaise compréhension ou une mauvaise utilisation du matériel.

La visite d’entretien permet de faire remonter à l’IDE et aux médecins des informations précieuses sur le déroulement du traitement et le respect des procédures notamment de désinfection, génération….

Le climat de confiance qui s’instaure avec le patient est un point positif. Il aide le patient et sa famille dans une relation difficile avec sa maladie chronique.
Le générateur et les problèmes techniques peuvent être vécus comme un frein à la dialyse à domicile.

La dialyse à domicile est probablement la meilleur méthode de traitement permettant au patient se prend en charge, il se dialyse en fonction de ses impératifs familiaux et professionnels. Toutes les études montrent un plus en terme de qualité de vie, de moindre complications médicales et d’hospitalisation.

Elle permet plus facilement et à moindre coût la dialyse quotidienne.

Le rôle du TD n’est pas assez mis en avant dans la réussite de cette technique.
Les patients autonomes ont besoin comme tout patient à une information complète.
Que la formation soit institutionnalisée ou au cours de son passage dans l’antenne, l’intervention et la collaboration du technicien permet un formation/information bien faite de l’IDE (et probablement aussi du médecin), répercutée de façon plus claire au niveau du patient.

Au total, le technicien de dialyse participe à la formation et à l’information du patient. A domicile son rôle est fondamental. De plus en plus et pas seulement hors-centre les patients demandent plus d’informations sur leur traitement.
Ces informations sont maintenant délivrées par le générateur sur la qualité de leur traitement. Une information de qualité améliore la confiance et les résultats du traitement.

 

 

Relation malades/Techniciens,FNAIR Témoignages.

Par Raymond Gouze, Accompagnant de dialyse à domicile pendant la nuit depuis 35 ans et Colette Vitse, 10 ans d’hémodialyse

 

A/ Témoignages d’un « Accompagnant » de dialyse à domicile pendant la nuit depuis 35 ans. Monsieur GOUZE Raymond

Il paraît évident que le traitement de l’IRC s’articule autour de trois partenaires :
– le médecin néphrologue
– Le patient
– Les organismes sociaux et publics
Mais on oublie toujours de préciser qu’il existe un 4ème partenaire et non le moindre :
L’industriel qui construit les générateurs de dialyse pour l’hémodialyse en centre et hors centre et associés étroitement à ces appareils, les techniciens dont la participation est très active.

ORIENTATION – EDUCATION

Si le patient a choisi le hors centre ou le domicile, le traitement de suppléance par hémodialyse va se dérouler au début dans une unité d’éducation. Le dialysé doit dans un premier temps se résigner à être connecté 3 fois par semaine à un appareil d’épuration extra corporelle. Dans cette unité spécialisée, le dialysé dispose d’un environnement médical, infirmier, technique et social (environnement éminemment protégé)

Ultérieurement, après avoir aciquis son autonomie, le dialysé, au nom du principe du libre choix, demande a être admis en UAD de proximité ou opte pour le traitement en hémodialyse à domicile.

HEMODIALYSE A DOMICILE

Dans son propre domicile le dialysé et son « accompagnant familial » sont brutalement coupés de l’aide médicale et technique qui leur était apportée par le service d’éducation.

Face au générateur et à la centrale d’eau, le seul lien qui les relie à l’extérieur est le téléphone et la première personne contactée en cas d’anomalie ou de panne est toujours le technicien référent ou le technicien de garde à ce moment là.

Comme ces appels téléphoniques urgents traduisent souvent l’inquiétude ou la crainte du dialysé, le technicien de dialyse doit être en même temps rassurant, sécurisant et efficace : ce qui requiert de très grandes qualités humaines et techniques.

Qualités Humaines

– Etre disponible à tout heure du jour et de la nuit
– Etre à l’écoute
– Traduire en langage technique les observations imprécises de l’interlocuteur à domicile (dialyse ou accompagnant)
– Apporter une réponse claire, précise et ciblée

Qualités Techniques

– Faire le maximum pour dépanner par téléphone.
– Avoir une connaissance de tout le matériel et des possibilités de réponses appropriées aux possibilités d’action du dialysé ( ou de l’accompagnant). Il lui faut en quelque sorte traduire en mots simples la solution d’un problème technique.
– Se rendre au domicle du dialysé si le dépannage dépasse la compétence de l’interlocuteur mais aussi, de temps en temps, s’il sent qu’il existe une situation de stress profond (au-delè du problème technique). Nous rejoignons là les qualités humaines.
– Maintenir un programme de révision pour avoir toujours un matériel fiable et performant.
– Partager son savoir technique avec la personne dialysée ou son accompagnant.

CONCLUSION

Grâce à leur présence et à leur participation les techniciens de dialyse permettent à tous les dialysés (à domicile ou ailleurs) d’effectuer en toute sécurité et en toute humanité leurs indispensables séances d’épuration rénale.
Qu’il soit permis au vieil accompagnant que je suis de les remercier.

B/ Témoignage de 10 ans d’hémodialyse (3 années en Centre, 7 années en UAD) par Colette VITSE

Le lien patient-techicien, semble évident, tangible, dans le contexte de l’hémodialyse à domicile. Ce lien devient moins sensible au fur et à mesure que l’autonomie du patient diminue. Dans un centre, combien de dialysés imaginent que derrière les générateurs il y a la vigilance, le travail des techniciens.

En UAD nous nous retrouvons en milieu « protégé » mais le rôle du patient reste important : Tests, manipulations restent identiques à ceux du domicile mais le personnel infirmier sert de relais et en cas de panne ou de problème grave il y a toujours un générateur de secours. Le technicien risque d’être coupé du dialysé. Selon les structures il reste cependant le personnage le plus connu en dehors de l’environnement purement médical.
Comme le travail technique se fait plutôt « à froid » (révision régulière des générateurs), les séances de dialyse peu ou pas de problèmes majeurs. Dans la structure où je suis dialysée, le technicien devient un « familier », une présence amicale qui passe, dit bonjour à chacun, discute (et pas seulement de dialyse), et répond aux questions que le patient se pose et pour lesquelles il a besoin de réponses pour avancer dans son autonomie. Il nous permet ainsi de mieux connaître encore notre machine et de participer à la compréhension de nos problèmes de santé. En quelque sorte il nous permet un recyclage permanent.

 

 

Procédures à adopter vis à vis du traitement d’eau en cas de catastrophe

Par Dr Céline Granolleras, Néphrologue,CHU Nîmes

 
Lorsqu’une catastrophe « naturelle » se produit ( tempête, inondation, neige..) et que le centre ne peut plus assurer la dialyse, plusieurs éléments sont à prendre en compte : le malade ne peut se sortir de chez lui, les communications sont coupées, le centre ne peut assurer la dialyse, les secours sont débordés, les soignants sont coincés chez eux ou à l ’hôpital depuis 24h et le malade qui a réussi à venir ne peut retourner chez lui.

Si la dialyse est encore possible, la décision dépend du néphrologue et du technicien avec l’aide du distributeur d’eau potable.
Le technicien sur place veille à assurer les meilleures conditions de dialyse possibles : contrôle le groupe électrogène, contrôle des pressions sur les filtres, tests au chlore, changement systématique des filtres du traitement d ’eau, changement filtres des générateurs..
Plus tard, lorsque l’eau est à nouveau normalement distribuée, le technicien vérifie la turbidité de l’eau et continue à changer les filtres jusqu’à normalité, contrôle paramètres de l’osmoseur , contrôle le chlore.
La logistique est du ressort du cadre, qui vérifie le personnel disponible, fait le relais entre les malades et le néphrologue.
Dans tous les cas si la dialyse reste possible il est préférable d’utiliser des membranes basse perméabilité.

Si la dialyse est impossible :

le néphrologue :

Trie les malades en fonction de leurs habitudes -poids et potassium – et décide de l ’urgence de dialyse
Contacte les centres voisins pour fixer les possibilités de repli
Intervient auprès des secours pour qu’ils récupèrent les patients à dialyser
Centralise les informations sur les patients

Le cadre

Essaie de joindre les patients pour leur fixer le centre de dialyse de repli ou bien le report de la dialyse
S ’informe des conditions de circulation routière au PC de crise
Cherche les repas, des places d ’accueil pour ceux qui ne peuvent rentrer chez eux
Règle les formalités administratives si le personnel doit se déplacer dans un centre voisin

La secrétaire

Essaie de joindre les transporteurs
Répond aux patients qui appellent

Le technicien

Protége le traitement d’eau (si possible ne pas introduire d’eau boueuse dans les filtres, mettre groupe électrogène à l’abri…)
S’assure du concentré (les cuves de concentré en vrac sont parfois dans les sous-sols, zones les plus fragiles
Prépare le retour de l’eau qui va être
boueuse : changer les filtres 10 et 1µ tous les jours (en avoir en stock)
chlorée: test au chlore +++,
changer les filtres à charbon tous le jours

Quelles sont les consignes à donner par avance ?

• Le personnel: se mobiliser pour atteindre le centre de dialyse
• les transporteurs: se mobiliser pour amener les patients au centre
• les patients: prendre du kayexalate (s’assurer que chaque patient dispose à son domicile d’une boîte de kayexalate)
• relations avec les distributeurs d ’eau : il est important d’avoir établi au préalable ces liens avec les distributeurs d’eau, en effet en cas de coupure d’eau, le distributeur est à même de prévenir et d’informer sur la qualité de l’eau au retour, voire de favoriser l’alimentation de la structure si cela lui est possible
• L ’institution:
• les numéros de téléphone du personnel doivent être sur papier (panne électrique et informatique)
• des procédures écrites doivent être accessibles afin que d’autres personnes puissent intervenir en l’absence du technicien

Conclusion

L’impossibilité technique de faire la dialyse n ’est pas le seul problème lors des catastrophes naturelles, les problèmes logistiques sont aussi au premier plan. Il faut penser aussi que le retour à la normale est un moment critique pendant lequel il faut augmenter la surveillance du traitement d’eau.

 

 

Journal de l’Association des Techniciens de Dialyse
Copyright ATD Infos – N°23 -Octobre 2004

Autres articles

Les journaux

More Similar Posts

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
Menu